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[Mathématiques, Physique-Chimie, Informatique]

Bac 2027 : pourquoi l'orthographe et l'expression écrite vont désormais compter en mathématiques

Dès la session 2027, une mauvaise expression écrite peut coûter des points au bac même en maths. Décryptage de la réforme et conseils pour bien s'y préparer.

RÉFORMEMATHÉMATIQUESRENTRÉE

9/21/20267 min read

Une nouvelle donne dans les salles d'examen

Jusqu'ici, un élève pouvait espérer sauver sa moyenne en mathématiques à coups de calculs justes, même si sa copie était truffée de fautes d'orthographe ou de phrases mal construites. Ce temps touche à sa fin. Le ministère de l'Éducation nationale a publié le 17 septembre 2026, dans un bulletin officiel spécial, de nouvelles exigences en matière de maîtrise de la langue française qui s'appliqueront à toutes les disciplines, sans exception, dès la session 2027 du brevet et du baccalauréat. Les mathématiques et la physique-chimie sont directement concernées, au même titre que le français ou l'histoire-géographie.

Cette annonce, portée par le ministre Édouard Geffray, s'inscrit dans un contexte où le niveau en français des collégiens et lycéens français fait régulièrement l'objet d'inquiétudes, alimentées ces dernières semaines par la publication des résultats de l'enquête internationale PISA. Voici ce que dit précisément le texte officiel, ce qu'il change pour les élèves, et pourquoi cela concerne tout particulièrement ceux qui préparent une épreuve de mathématiques ou de physique.

Ce que dit le nouveau texte officiel

Le bulletin officiel spécial n° 4 du 17 septembre 2026 (note de service MENE2623195N) fixe des « exigences en matière de maîtrise de la langue à tous les examens à compter de la session 2027 ». Le texte part d'un constat simple, formulé noir sur blanc par le ministère : la part accordée aux qualités rédactionnelles dans la définition des épreuves était, jusqu'à présent, « mal identifiée » ou appliquée « dans des proportions inégales » selon les académies, les jurys et les disciplines. L'objectif affiché est donc d'harmoniser les pratiques et de clarifier les attendus, pour les enseignants comme pour les élèves, dès le début de l'année scolaire.

Une grille d'évaluation commune à toutes les matières

Concrètement, une grille d'évaluation unique doit désormais être utilisée par les correcteurs, quelle que soit la discipline. Elle comporte quatre niveaux d'appréciation, allant de « très insuffisant » à « très satisfaisant », et porte sur quatre critères précis :

  • l'orthographe, lexicale et grammaticale ;

  • la syntaxe et la construction des phrases ;

  • le lexique, en particulier le vocabulaire propre à la discipline ;

  • l'organisation et la clarté de la réflexion écrite.

Ce dernier point est important pour les matières scientifiques : il ne s'agit pas seulement de ne pas faire de fautes, mais aussi de présenter un raisonnement de façon structurée et compréhensible.

Un barème qui varie selon la part rédactionnelle de l'épreuve

Le texte prévoit un minimum de deux points, sur la notation totale de chaque épreuve, consacrés à la maîtrise de la langue. Ce poids peut être plus élevé selon l'importance de la dimension rédactionnelle de l'épreuve concernée. Pour les disciplines les plus rédactionnelles, comme le français ou l'histoire-géographie, la sanction est encore plus nette : une copie présentant des défaillances marquées en orthographe, en construction des phrases ou en organisation du propos ne pourra tout simplement pas obtenir la moyenne, quelle que soit la qualité du contenu.

Interrogé sur cette réforme, Édouard Geffray a résumé la philosophie du texte en une formule frappante : une expression très mauvaise et un vocabulaire inadapté « traduisent une pensée de fond atrophiée ». Autrement dit, pour le ministère, la façon dont un élève rédige n'est pas dissociable de la qualité de son raisonnement, y compris en sciences.

Les mathématiques concernées au même titre que le français

C'est le point le plus surprenant pour beaucoup de familles : cette exigence de maîtrise de la langue ne se limite pas aux matières littéraires. Elle s'applique à l'ensemble des disciplines du diplôme national du brevet (DNB), du baccalauréat général et technologique, ainsi qu'aux diplômes de la voie professionnelle. Les mathématiques et la physique-chimie n'y échappent pas.

Un exemple concret : l'épreuve de spécialité mathématiques au bac

Le même bulletin officiel de septembre 2026 précise les modalités de l'épreuve terminale de l'enseignement de spécialité mathématiques, et la mention de la langue y figure noir sur blanc. Cette épreuve écrite dure quatre heures et porte sur le programme de terminale, avec la possibilité de mobiliser des notions vues en première. Le sujet comprend quatre exercices indépendants, destinés à couvrir la variété des contenus du programme, notés chacun entre 4 et 8 points, pour un total sur 20.

Le texte est explicite : « la maîtrise de la langue est prise en compte à hauteur de deux points sur vingt », afin d'évaluer l'orthographe, la syntaxe, mais aussi la capacité de l'élève à formuler un raisonnement mathématique avec un vocabulaire approprié. Deux points sur vingt, cela représente l'équivalent d'un exercice entier de difficulté moyenne. Un candidat qui maîtrise parfaitement son cours mais rédige ses démonstrations de façon confuse, avec des symboles mal employés ou des phrases bâclées, peut donc voir sa note significativement affectée.

Le texte prévoit également, pour les candidats qui passent l'épreuve orale de contrôle (le fameux « second groupe » du rattrapage), un oral de 20 minutes précédé de 20 minutes de préparation, au cours duquel l'examinateur pose au moins deux questions portant sur des parties différentes du programme. L'usage de la calculatrice reste autorisé selon les conditions officielles habituelles.

Le brevet des collèges également concerné

Le DNB n'échappe pas à la réforme. Dès la session 2027, les correcteurs de l'épreuve de mathématiques du brevet appliqueront eux aussi la grille commune de maîtrise de la langue. Cette évolution s'ajoute à une série de changements déjà annoncés pour le DNB, dans un contexte où les résultats 2026 avaient déjà mis en évidence une baisse du taux de réussite, notamment liée à la nouvelle épreuve d'automatismes sans calculatrice.

Pourquoi cette réforme ? Le contexte des résultats PISA

Cette décision ne sort pas de nulle part. Elle intervient quelques jours seulement après la publication, début septembre 2026, des résultats de l'enquête internationale PISA, qui avaient confirmé un recul du niveau des élèves français en mathématiques mais aussi en compréhension de l'écrit. Le ministère fait explicitement le lien entre cette dégradation constatée au niveau international et la nécessité de muscler l'exigence de rédaction dans toutes les matières, et pas seulement en cours de français.

L'idée sous-jacente est que la capacité à bien s'exprimer par écrit ne se travaille pas uniquement pendant les heures de français : elle irrigue l'ensemble des apprentissages, y compris la façon dont un élève construit une démonstration géométrique, rédige la conclusion d'un exercice de physique ou justifie une étape de calcul. Un raisonnement juste mais mal formulé perd en clarté, et désormais, il perd aussi en points.

Ce que cela change concrètement pour les élèves
Rédiger un raisonnement mathématique, une compétence à part entière

Pour beaucoup d'élèves, et parfois pour leurs parents, l'idée que l'orthographe puisse peser sur une note de mathématiques est déroutante. Elle rappelle pourtant une réalité déjà bien connue des correcteurs : une copie de maths ne se limite pas à un résultat numérique juste. Elle repose sur une argumentation, avec des phrases de conclusion, des justifications, un vocabulaire technique précis (« donc », « or », « par conséquent », le bon usage des théorèmes cités) et une présentation lisible. Un élève qui écrit « on trouve que x est égal à 3 dont la fonction et croissante » perd en clarté, même si le calcul sous-jacent est correct.

Cette exigence n'est donc pas une nouveauté absolue pour les enseignants, qui la pratiquaient déjà de façon plus ou moins formalisée. Ce qui change, c'est son caractère désormais explicite, chiffré et harmonisé au niveau national, ce qui la rend plus prévisible pour les élèves qui s'y préparent.

Des pistes concrètes pour progresser

Plusieurs habitudes simples permettent de limiter la perte de points liée à la maîtrise de la langue dans une copie scientifique :

  • Relire sa copie une dernière fois en se concentrant uniquement sur l'orthographe et la syntaxe des phrases de conclusion, une fois les calculs terminés.

  • Structurer chaque réponse avec une phrase d'introduction, les étapes du raisonnement, puis une phrase de conclusion claire, plutôt que d'enchaîner des lignes de calcul sans les relier par du texte.

  • Utiliser un vocabulaire mathématique précis et bien orthographié : « hypothèse », « réciproque », « discriminant », « asymptote »… Ces mots reviennent souvent et méritent d'être appris comme du vocabulaire à part entière.

  • S'entraîner à l'écrit régulièrement dans l'année, et pas seulement la veille de l'examen, pour que la rédaction devienne un réflexe et non une contrainte de dernière minute.

Calendrier de la réforme

Le texte distingue deux temps. La politique générale de renforcement de la maîtrise de la langue entre en vigueur dès la rentrée 2026, ce qui signifie que les enseignants sont invités à l'intégrer dans leurs pratiques d'évaluation courantes dès cette année. Les nouvelles modalités d'examen, elles, s'appliqueront pleinement à partir de la session 2027 du brevet et du baccalauréat. Les élèves actuellement en classe de troisième, de première et de terminale sont donc les premiers concernés par ce nouveau cadre.

En pratique : bien préparer son enfant à cette nouvelle exigence

Cette réforme rebat légèrement les cartes de la préparation aux examens : réussir en mathématiques ou en physique-chimie ne se résume plus à maîtriser les méthodes de calcul, il faut aussi soigner la façon dont on les présente à l'écrit. C'est précisément ce double travail — rigueur du raisonnement et clarté de la rédaction — que des cours particuliers réguliers permettent de consolider, en donnant à l'élève le temps de s'exercer à rédiger ses démonstrations et de corriger ses habitudes de présentation avant le jour de l'examen.

Math Enseignement propose des cours particuliers de mathématiques et de physique, à Toulouse, pour les collégiens et lycéens, au tarif de 30€/heure. Les séances ont lieu au 38b Rue Roquelaine, dans le quartier Jeanne d'Arc. N'hésitez pas à nous contacter pour un premier cours.

Sources : Bulletin officiel spécial n° 4 du 17 septembre 2026, notes de service MENE2623195N et MENE2622642N (education.gouv.fr) ; Café pédagogique, actualité de l'éducation du 14 au 18 septembre 2026 ; VousNousIls, « Bac et brevet 2027 : un nouveau barème pour évaluer la maîtrise de la langue », 17 septembre 2026 ; LCP - Assemblée nationale, déclarations d'Édouard Geffray.

Où nous trouver...
  • 38bis, rue Roquelaine, 31500 Toulouse.
    à 5min du métro Jeanne d'Arc et de la gare Matabiau

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